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La tragédie de Dawson : les jeunes se sentent solidaires, selon Tel-jeunes

par Véronick Talbot, membre de la rédaction de Tolerance.ca®  

Montréal – Le 13 septembre dernier, Kimveer Gill, un jeune homme de 25 ans, ouvrait le feu au Collège Dawson à Montréal, tuant Anastasia De Sousa, une jeune fille de 18 ans, et blessant 16 autres membres de l’établissement, dont deux sont toujours dans un état critique. Une semaine après les tristes événements, la communauté étudiante de la province est encore sous le choc.

Tel-jeunes : « On a eu des appels d’étudiants 
du Collège Dawson qui revivaient les événements 
une fois arrivés chez eux »

Le nombre de victimes de cet événement est très lourd si l’on s’attarde aux jeunes et aux adultes affectés psychologiquement par la violence de Gill. Pour les bénévoles de l’organisme Tel-jeunes, on ne peut qu’en prendre conscience, étant donné le nombre d’appels reçus des suites du malheureux événement. « On a eu des appels d’étudiants du Collège Dawson qui revivaient les événements une fois chez eux. Dans notre service aux parents, on a aussi eu des appels de parents dont les jeunes ont vécu la fusillade et qui ne savaient pas comment réagir à cela, a souligné en entrevue Linda Primeau, spécialiste et bénévole pour l’organisme Tel-jeunes. On a aussi reçu beaucoup de courriers électroniques de jeunes qui se sont sentis interpellés par l’événement, qui se sentaient solidaires. » C’est en effet dans tous les cégeps de la province que cet élan de solidarité s’est fait sentir. Dès le lendemain de la fusillade, ce sont professeurs et étudiants qui ressentaient le besoin de s’exprimer pendant les heures de cours, oubliant la raison première de leur présence en classe. « Quand il arrive des événements comme celui-là, on sent le besoin de se serrer les coudes, de créer un rapprochement. Ces choses nous incitent à prendre conscience de la fragilité de la vie », a ajouté Mme Primeau.

La mode gothique

Dans les écoles, plusieurs jeunes ont eu des inquiétudes d’un autre ordre que la crainte d’un effet d’entraînement qui aurait pu être causé par l’acte de Gill. « On a peur que les origines ou la façon de s’habiller de l’agresseur entraîne des préjugés envers les gothiques », a mentionné Alexandre Béland-Brûlé, étudiant en informatique au Collège Ahuntsic, à Montréal. Fort heureusement, aucune forme de racisme ou de préjugés ne s’est jusqu’à maintenant fait sentir entre les élèves, qui sont pour la plupart consternés par l’importance qu’ont accordée les médias au style vestimentaire de Kimveer Gill. « Ce n’est pas parce que quelqu’un s’habille en noir ou qu’il écoute de la musique heavy metal qu’il est nécessairement violent », déclare Alexandre, inquiet de ce que véhiculent parfois les journalistes.

Couverture médiatique inquiétante


Pour sa part, le psychiatre Marc-Alain Wolf, membre de Tolerance.ca®, s’inquiète, comme Alexandre, de l’impact que peuvent avoir les médias. « Les médias n’aident pas vraiment puisqu’en insistant sur ce genre d’événements, ils peuvent influer sur des gens violents de nature, ou encore très suicidaires. Ils leur fournissent ainsi des réponses à leurs questions, soit comment faire pour régler leurs problèmes, ou encore quelle réaction adopter ». Mme Primeau, qui travaille avec des jeunes parfois suicidaires ou en grande dépression, partage sensiblement le même avis. « C’est important d’en parler, mais c’est toujours la façon de le faire qui va parfois déranger ou être bénéfique. Ce qui est le plus inquiétant, c’est quand il y a des rumeurs, comme ça s’est produit la semaine dernière, lorsqu’on a affirmé qu’il y avait plusieurs tueurs, ce qui peut augmenter le niveau de peur ou de stress des jeunes. »

Mais David Landry, étudiant en communications et cinéma au Collège Dawson, croit qu’il aurait été difficile pour les médias de faire une bonne couverture de l’événement. « Pour avoir personnellement vécu le drame, j’étais dans la cafétéria quand ça s’est passé, la panique était tellement intense que ça aurait été difficile de faire une bonne couverture médiatique. C’était le chaos total. Tout le monde paniquait et on a entendu environ 50 coups de feu, j’aurais cru moi aussi qu’il y avait deux ou trois tireurs ».

Les aspects rassurants

Néanmoins, il est possible de tirer des côtés positifs quant au travail des médias, selon Mme Primeau. « C’est bien de montrer la façon dont la situation est gérée par les autres cégeps, car c’est positif. Cela montre qu’il y a un support et c’est rassurant pour les élèves de savoir qu’ils sont compris et qu’on va respecter leur rythme dans la suite des choses », souligne Mme Primeau. 

Le service Tel-jeunes est une ressource gratuite, confidentielle et accessible 24 heures / 7 jours pour tous les enfants et les jeunes du Québec. Au téléphone ou sur Internet, des professionnels travaillent à établir une relation de confiance avec les jeunes pour répondre à leurs questions et pour les supporter face à leurs difficultés. 

Site Internet :    http://www.teljeunes.com/
Cet article fait partie d'une série sur la diversité des valeurs et des croyances religieuses dans les milieux collégial et universitaire réalisée grâce à la contribution financière de :






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