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Condition socio-économique des mères adolescentes : l'influence déterminante de l'éducation

La maternité à l'adolescence est généralement associée à des conséquences socioéconomiques négatives à long terme pour les femmes, mais cela ne les condamne pas nécessairement à vivre en situation de faible revenu, selon une nouvelle étude de Statistique Canada.

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L'étude «Que sont devenues les mères adolescentes?», publiée le 23 mai 2008 dans L'emploi et le revenu en perspective, est fondée sur l'Enquête sur la dynamique du travail et du revenu et porte sur les caractéristiques personnelles et socioéconomiques à long terme des femmes âgées de 30 à 39 ans qui sont devenues mères à l'adolescence.

L'étude permet plus particulièrement de comparer les femmes qui étaient mères à l'adolescence avec celles qui le sont devenues à l'âge adulte, selon le niveau de scolarité, l'activité à long terme sur le marché du travail et la situation de faible revenu.

Dans l'ensemble, les mères adolescentes au Canada avaient une probabilité plus faible que leurs homologues adultes de terminer leurs études secondaires et postsecondaires, même après la prise en compte des antécédents familiaux et d'autres caractéristiques.

Par ailleurs, l'étude montre aussi que la scolarité peut permettre de contrer l'incidence négative de la maternité à l'adolescence sur l'activité sur le marché du travail et la situation de faible revenu.

Dans l'ensemble, la probabilité d'occuper un emploi à temps plein toute l'année était semblable chez les femmes ayant un niveau de scolarité comparable, peu importe le moment où elles ont eu leur premier enfant.

Les mères adolescentes et les mères adultes sans diplôme d'études secondaires étaient moins susceptibles d'occuper un emploi à temps plein toute l'année.

En revanche, les mères adolescentes ayant terminé leurs études postsecondaires étaient en fait plus susceptibles que leurs homologues adultes de travailler à temps plein toute l'année.

L'étude révèle des résultats semblables en ce qui concerne la probabilité de vivre en situation de faible revenu. Un cinquième (21 %) des familles comptant des femmes qui étaient mères à l'adolescence avaient un revenu ajusté inférieur à la mesure de faible revenu (MFR) de Statistique Canada, contre à peine 12 % des familles de mères adultes.

Cependant, l'éducation faisait une grande différence. Les mères adolescentes et les mères adultes sans diplôme d'études secondaires étaient plus susceptibles de vivre sous la MFR que les mères adultes ayant un diplôme d'études secondaires.

De même, les femmes qui étaient des mères adolescentes et des mères adultes ayant terminé leurs études postsecondaires étaient moins susceptibles de se retrouver sous la MFR.

L'étude donne à penser que d'autres caractéristiques non observées, comme le soutien familial, le réseau social et une variété d'autres ressources, de traits psychologiques et d'autres facteurs, peuvent également influer sur les résultats socioéconomiques.

Les antécédents familiaux exercent une influence, même à long terme. Les femmes dont les mères avaient terminé leurs études secondaires ou postsecondaires étaient plus susceptibles (de cinq points de pourcentage) de travailler à temps plein toute l'année que les femmes dont les mères n'avaient pas de diplôme d'études secondaires.

En 2004, le Canada a enregistré 31 611 grossesses chez les adolescentes, dont presque la moitié se sont traduites par des naissances vivantes. Ces naissances représentaient 4,2 % de l'ensemble des naissances.

Le taux de natalité chez les adolescentes au Canada, qui s'établissait à 13,6 pour 1 000 femmes adolescentes en 2004, est demeuré bien inférieur à celui observé aux États-Unis, soit 41,1. Cependant, il était encore presque sept fois plus élevé que le taux affiché par la Suède, qui demeure le pays ayant l'un des taux de natalité les plus bas chez les adolescentes dans l'ensemble des pays développés.

Environ la moitié des mères adolescentes se sont mariées à l'adolescence, contre seulement 8 % des mères adultes. Toutefois, seulement 20 % des mères adolescentes se sont mariées avant la naissance de leur premier enfant, comparativement à 72 % des mères adultes. Les mères adolescentes étaient plus susceptibles de vivre en union libre, mais elles étaient également plus susceptibles de se séparer ou de divorcer. En outre, les mères adolescentes étaient presque trois fois plus susceptibles de déclarer qu'elles se sont mariées plus d'une fois.


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