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La Corée du Nord n'a pas l'intention de renoncer à l'arme nucléaire

(French version only)
PEKIN - La Corée du Nord n'a pas l'intention de renoncer à son statut autoproclamé de "puissance nucléaire" au cours des pourparlers à six à Pékin, ont déclaré des sources bien informées dans la capitale chinoise, où l'on tente de régler le problème de l'arrêt du programme nucléaire nord-coréen.

Selon ces sources, au cours des contacts bilatéraux entre les délégations des Etats-Unis et de la RDPC, les Coréens du Nord ont essayé de persuader les Américains qu'ils avaient réussi à devenir une "puissance nucléaire" et que leurs armes nucléaires ne faisaient pas l'objet de discussions. Au cours des pourparlers, Pyongyang se borne à exprimer sa volonté d'arrêter son programme de recherches nucléaires ultérieures, à la condition que certaines exigences soient remplies.

Ces conditions comprennent la levée des sanctions prises contre la Corée du Nord et qui sont qualifiées à Pyongyang de manifestation "d'hostilité", la normalisation des rapports avec les Etats-Unis et la conclusion d'un traité de paix qui remplacerait l'accord d'armistice actuel signé après la guerre de Corée de 1950-1953.

Cependant, la déclaration conjointe adoptée en septembre 2005 par les participants aux pourparlers à six précisait que la Corée du Nord devait liquider aussi bien ses armes nucléaires que les programmes existant dans ce domaine.

Bref, la Corée du Nord s'est démarquée elle-même des clauses de la déclaration conjointe.

Le "marchandage" actuel porte sur la levée des sanctions prises par les Etats-Unis au nom de la lutte contre le blanchiment d'argent sale et la propagation de faux dollars. Des comptes crédités de 24 millions de dollars dans une banque de Macao avaient été bloqués sous la pression de Washington. Bien que cette somme soit relativement insignifiante, le blocage des comptes prive la RDPC de la possibilité d'effectuer des paiements bancaires pour les opérations liées au commerce extérieur et, c'est là l'essentiel, a été perçu comme une tentative de lui "forcer la main".

Parallèlement, des entretiens ont lieu actuellement à Pékin entre le directeur de la Banque nord-coréenne du commerce extérieur, O Kwang Chol, et le sous-secrétaire américain aux Finances, Daniel Glaser. Ces contacts ne sont pratiquement pas commentés, mais on sait que les Etats-Unis essaient d'expliquer à la Corée du Nord que le blocage des comptes n'a aucun rapport avec la renonciation de Pyongyang à l'arme nucléaire.

Selon les observateurs à Pékin, la RDPC fait traîner en longueur les négociations et attend les élections aux Etats-Unis, fondant son espoir sur la victoire des démocrates. C'est sous la présidence démocrate de Bill Clinton que la première "crise nucléaire" en Corée avait été réglée.

Aux termes de l'accord intervenu en 1994 à Genève, la RDPC avait gelé son programme nucléaire en échange de la construction en Corée du Nord sous l'égide de Etats-Unis d'une nouvelle centrale nucléaire équipée de réacteurs à eau légère qu'il est difficile d'utiliser pour l'enrichissement de l'uranium d'usage militaire. La mise en service du premier réacteur de ce type avait été prévue pour 2003, mais, en attendant, les Américains devaient fournir à la RDPC du combustible pour les centrales électriques ordinaires. En même temps, les pourparlers sur l'établissement de relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la RDPC se poursuivaient.

L'arrivée au pouvoir de George W. Bush ramena ces relations à zéro. Son administration lança immédiatement une "croisade" contre les pays de "l'axe du mal" international, parmi lesquels fut rangée la Corée du Nord, aux côtés de l'Irak et l'Iran.

La nouvelle centrale nucléaire n'a pas été construite, excepté ses fondations de béton. Les livraisons de combustible ont cessé, et les clauses de l'accord de 1994 sont restées sur le papier. 

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Après s'être retirée du Traité de non-prolifération des armes nucléaires, la Corée du Nord a procédé secrètement à la création d'une bombe atomique et effectué une série d'essais de missiles balistiques. Le 9 octobre, elle a effectué l'explosion souterraine d'un engin nucléaire et s'est proclamée "puissance nucléaire", statut que personne n'a à ce jour reconnu.

A la deuxième étape actuelle du cinquième round des pourparlers à six, qui ont repris après 13 mois d'interruption, la Corée du Nord essaie de revenir à l'accord de 1994. Selon des sources proches des pourparlers, la délégation nord-coréenne a déclaré que, si les Etats-Unis levaient les sanctions et si des relations normales étaient établies entre les deux pays, Pyongyang arrêterait son réacteur nucléaire de Yongbyon où avait été produit du plutonium et admettrait la présence des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Des diplomates haut placés russes, américains, nord-coréens, sud-coréens, chinois et japonais participent aux pourparlers de Pékin. On estime qu'ils dureront jusqu'au 22 décembre et qu'ils se termineront par une déclaration annoncant l'intention de poursuivre le dialogue.
Source: fr.rian.ru -
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